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The Big Deal
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Le Grand Débat
ou le mythe du "tarot originel" : Visconti contre Marseille !!! |
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L'Italie est, au XVIe siècle, un foyer bouillonnant où la « maison » Tarot se ramifie en de multiples «filiales». Après Milan, après Ferrare, les deux patries du tarot, le jeu se fixe à Bologne et, de là, à Florence, à Lucques, à Rome. L'usage s'est désormais répandu de numéroter les atouts. Aussi Michael Dummett (op. cit.) a-t-il pu recenser trois arrangements distincts, où les mêmes allégories se retrouvent, mais à des places différentes, notamment les trois dernières, le Monde, la Justice, le Jugement : l'ordre milanais semble à l'origine de nos tarots français à enseignes italiennes (le «Tarot de Marseille»), l'ordre de Ferrare, attesté par un manuscrit déjà cité (cf. cat. n° 5) et deux ou trois autres documents n'a pas survécu au-delà du XVIe siècle, l'ordre bolonais, enfin, est resté immuable dans sa ville d'origine où le jeu est toujours assidûment pratiqué, mais a connu de multiples variantes dont celle de Florence, appelée minchiate, n'est pas la moindre. Lucques et Rome semblent avoir développé une tradition propre dont témoignent quelques cartes. Nous nous sommes efforcés ici de présenter au moins un exemple de chacune de ces traditions. Milan Milan (?), Italie, fin du XV° ou début du XVI° s. - le Pendu (?), la Roue de Fortune, le Chariot, l'Amoureux, ?
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![]() XXI |
![]() Dos de carte |
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Ferrare
Jean Noblet
35
Tarot Noblet Jean Noblet Paris, milieu du XVII° s. 73 cartes (sur 78), enseignes italiennes gravure sur bois coloriée au pochoir papier en plusieurs couches 92 x 55 mm dos : motifs hexagonaux avec « croix de Malte » marques : l. NOBLET.AV FAV/BOVR ST GERMAIN (2 de Coupes) nomenclature IPCS : IT-I La petite taille inhabituelle de ce tarot n'est pas pour rien dans son charme, même s'il lui manque 5 cartes (du 6 au 10 d'Épées). Son fabricant est clairement désigné sur la banderole du 2 de Deniers et sur le cartouche du 2 de Coupes : il s'agit de Jean Noblet, demeurant au Faubourg Saint-Germain, à Paris. Or, un Jean Noblet, maître-cartier, vivant à « Saint-Germain-des-Prés, rue Sainte Marguerite, paroisse Saint-Sulpice », est cité en 1659 dans deux actes notariés (A.N., Y 197, n°s 3161 et 3162). Déjà D'Allemagne signalait un Jean Noblet dans une liste de cartiers parisiens de 1664 (D'Allemagne, l, 309). Il est curieux que ce grand érudit ait tenu à dater ces cartes du XVIII° siècle, alors qu'on ne retrouve aucune trace d'un Jean Noblet en ce siècle. Nous n'hésitons donc pas à dater ce jeu du milieu du XVII° siècle, ce qui en fait un contemporain de celui de Jacques Viéville (voir n° précédent). L'intérêt d'une telle datation est que nous sommes en présence d'un jeu en tous points conforme au modèle dit « Tarot de Marseille » : c'en est ici le tout premier exemple connu. Jean Noblet. Le dos des cartes est rigoureusement le même que celui employé par Viéville. On le retrouve aussi dans le tarot parisien anonyme (cat. n° 33). Paris, B.N., Estampes, Kh 34 rés., t. l. Bibl. : D'Allemagne, II, 78 et 619; BN 63 n° 360: Dummett. 211 |
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Tout, dans ce travail du XVe et début XVIe siècle en provenance d’Italie, comme vous pouvez le voir est, par rapport au canon marseillais, fantaisie. De plus, le premier tarot rigoureusement conforme au canon de Marseille, est celui de Jean Noblet. Il est presque complet, il manque 5 cartes : les 6, 7, 8, 9, 10 d'épées. Il est incontestable, daté de manière certaine de 1650, comme le Viéville et «l’anonyme parisien». Ces trois jeux possèdent un dos identique : la probabilité qu’ils soient sortis du même atelier, est donc forte, très forte. Alors, en 1650, force est de constater que le « canon » dit de Marseille est fixé, et ce, à Paris, non en Italie ou à Marseille. Noblet est un Maître cartier. Que cela signifie-t-il en ces temps florissants du compagnonnage ? Il me semble utile de le rappeler ! Le maître est : « celui qui mélange son eau à l’eau collective sans la perturber ». C’est lui qui dit l’hier des tarots avec les images de son aujourd’hui. Noblet actualise donc la transmission qu’il a reçue de son ancien. Il n’y a pas de maître « auto-proclamé ». Ce que fera également Jean Dodal en 1701 / 1715. C’est avec le Conver que la question de la « copie » commence. Comparez graphiquement son Bateleur avec celui de Dodal. Il y a au bas mot 50 ans d’antériorité pour le Dodal. Avec cette comparaison des deux Bateleurs, on est surpris ! Les mêmes couleurs pratiquement aux mêmes endroits !!! Ne faites pas attention à mes couleurs, les procédés pour la reproduction ont été très différents : photo de toile ou scanner de cartes. |
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![]() Jean Dodal, Lyon 1701 / 1715 |
![]() Nicolas Conver, Marseille 1761 |
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Peut-être le savez vous, pour l’avoir déjà lu dans mes textes : mon opinion est que le Conver est le premier tarot du début de la décadence. Son graveur est le premier graveur à faire un tarot sans en avoir reçu la transmission d’un maître vivant. Il a fait un tarot savant, brillant, peut-être exceptionnel, mais à de multiples égards, déjà coupé de la tradition vivante. Il est le « chant du cygne » de l’épopée du tarot traditionnel.
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