La papesse Jeanne est une femme qui aurait usurpé la papauté catholique
en cachant sa véritable identité sexuelle. Son pontificat est généralement
placé entre 855 et 858, c'est-à-dire entre celui de Léon IV et Benoît
III, au moment de l'usurpation d'Anastase le Bibliothécaire. Le
personnage est considéré comme légendaire par les historiens.
Vous pouvez consulter
avec intérêt le dossier que lui consacre Wikipédia,
il est correctement fait.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Papesse_Jeanne
ainsi que : http://www.zetetique.ldh.org/papesse.html
La papesse Jeanne
en train d'accoucher.
Gravure issue des Dames de renom de Boccace, ch.
XCIX, « De Ioanne Anglica Papa »
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"La
Cronica delle vite de Pontefici et Imperatori Romani est généralement
attribuée sans preuve à Pétrarque. Ce
texte, qui fut pour la première fois imprimé à Florence en
1478 puis à Venise en 1534, est surtout célèbre car il élève
la papesse Jeanne au rang de personnage historique.
En Italie, une tradition vivace voulait qu’une femme d'origine
anglaise, mais née à Mayence, se fût travestie en homme pour
poursuivre des études avec son amant. Ils se rendirent à Athènes
puis à Rome. Anna ou Agnès, tel aurait été son prénom, dissimulant
toujours son sexe, fut reçue dans les milieux ecclésiastiques
et en particulier, par la Curie. Son savoir et son charisme
furent tels que le conclave l’éleva sur le trône de saint
Pierre. Mais ce qui devait arriver arriva. La papesse se retrouva
enceinte. Au cours d'une procession qui se déroulait entre
Saint-Pierre du Vatican et Saint-Jean de Latran, elle fut
prise de contractions et fut contrainte d’accoucher publiquement.
Ce qui lui valut d’être condamnée à mort."
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"L’existence de la papesse Jeanne fut incontestée
jusqu'au XVIe siècle. Aux rares sceptiques, qui trouvaient
l’anecdote un peu emberlificotée et les documents peu
convaincants, on rétorqua longtemps que les preuves étaient
abondantes et irrécusables. D’ailleurs au palais du
Latran, après l’élection de chaque nouveau souverain
pontife, un diacre était supposé vérifier manuellement
l’existence de ses parties génitales (dénommées
à juste titre les "Pontificales" !), au travers
d’une chaise percée, faite de porphyre, spécialement
destinée à cet effet. Après avoir effectué
son contrôle, le diacre était censé lancer ce
cri de victoire "Habet duos testiculos et bene pendentes !".
L'argument semblait imparable."
Il semblerait que "La Papesse
Jeanne" soit un résumé de tout le comportement
mysogyne et anti féministe de la chrétienté,
ainsi que de sa dégénérescence. Elle fut un arguement
imparable des anti-papistes.
La Papesse du tarot a-t-elle quelque chose à voir avec cette
légende (considérée jusque tardivement comme
vraie)? Pour les imagiers de la fin du XIVè siècle,
la Papesse Jeanne avait existée et faisait partie de l'Histoire
de la chrétienté. La mettre en image les plaçaient
automatiquement dans le camp des contestataires de la religion, sans
les positionner en opposants. En la dessinant, ils ne risquaient donc
pas le bûcher et promouvaient ainsi à peu de frais "l'ancienne
religion", celle des vierges noires, des sources guérisseuses
et de Ann, la terre-mère porteuse de toute sagesse. Est-ce
suffisant pour la justifier dans le tarot? Pour une grande part certainement,
car ainsi ils redonnaient au sein de leur philosophie et de leur vision
du monde, une place aux femmes, équivalente à celle
des hommes.
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