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Regardez cette main du Bateleur de Nicolas Conver. Il m'a fallu beaucoup de soins et d'attentions, de nombreuses toiles dont je n'étais pas trop content, avant d'arriver à fixer cette main. Elle est graphiquement profondément malhonnête, elle nous "arnaque". Combien de doigts a-t-elle? Incertain, n'est-pas? Cinq, six? La première chose que nous montre le Tarot de Nicolas Conver est une embrouille! Bon, allez-vous me dire, c'est le milieu du XVIIIème siècle, en pleine période de "lumières" et de franc-maçonnerie naissante, le tarot s'est intellectualisé. Alors, qu'en est-il des tarots plus anciens encore? Le graveur des tarots de Jean Dodal et Jean-Pierre Payen, (que je distingue toujours des "cartiers" proprement dits car il ne sont la plus part du temps que des éditeurs et marchands d'images) n'a pas le même niveau de talent graphique, un coup de main aussi délié que celui du Conver. Le graveur du Dodal est plus simple, certainement mieux immergé dans un milieu populaire. Il est moins intellectualisé, moins sophistiqué et moins savant,
Quant au graveur du tarot de Jean Noblet, d'un siècle plus vieux que celui du Conver, il est de loin celui en qui les traditions étaient les plus vivantes. Alors, que dire de cette main?
En langue des oiseaux, on parlerait de "doigt d'honneur". Et que dire des nombreux autres détails signifiants dont le Noblet est bourré ! |