Paris vers 1650
Jacques Viéville est un pseudonyme de graveur, et à ce sujet, allez visiter la page qui leur est consacrée.
Ma mise en image avance, XVI, XVII, XVIII, XIX, sont faits.
A reprendre le travail, mon radar personnel, s'est mis au rouge, et j'ai eu la vision d'un ouvrier qui gravait sur un positif existant.
1650 est, entre de multiples autres, une date ou une sorte de guerre a opposé le fisc de l'époque aux cartiers. Il faut savoir qu'à l'époque les taxes sur les jeux de cartes représentaient un pourcentage très important du budget de l'état, nettement plus que l'impôt sur le sel. Quelque chose, qui dans son volume s'apparenterait à la TVA. Pour mieux contrôler les cartiers, ils avaient été placés en maisons communes. Toute la corporation était regroupée dans un pâté de maisons, et surveillée par la gendarmerie et les agents du fisc. Les ouvriers étaient sélectionnés, devaient avoir un passe, les feuilles de la journée étaient numérotées et apportées par un huissier à l'embauche. Les anciens moules avaient été saisis. Pour les refaire, les graveurs de cartes ordinaires,
c'était sans trop de problèmes à trouver, mais les graveurs de tarot, ça ne courrait certainement pas les rues. Jean Noblet, était éditeur et graveur. Pour lui, techniquement pas de complications. Mais, pour un tarot "piémontais", où trouver le graveur spécialisé ? Pour faire redémarrer une production de ce type de tarots, il aura fallu improviser.
C'est là que j'ai l'intime conviction que le graveur a "copié" à l'envers ce tarot. On se sert de la feuille imprimée en noir, et on marque le bois placé en dessous en la découpant en suivant les traits. C'est de loin le plus simple pour une époque qui n'a pas de papier calque ou autre accessoire moderne. C'était mon chaînon manquant. Pour les spécialistes, tout le monde sait que le Viéville est " à l'envers", pour presque, mais pas tous les arcanes. Je me suis creusé la tête vraiment longtemps jusqu'à la vision qui m' a été donné : en faisant ainsi, on sauvait les meubles. On sauvait une imagerie qui autrement était définitivement perdue. Un bon ouvrier graveur standard, sans compétences particulières et initiation au tarot, l'à reproduit à l'envers. Ce n'était pas trop grave, les joueurs s'y
retrouvaient tout de même!
Mais pas nous autres puristes.
Alors, mon objectif est de proposer une double édition. Première partie, une mise au propre telle quelle de l'existant, et, seconde partie, une "inversion miroir" d'un certain nombre d'arcanes, avec remise dans l'ordre "canonique".
Ce travail me demande énormément de temps et je l'autofinance. Ne me demandez donc pas de délais, il est sans limites :-))) !
C'est pour moi un dossier que je garde sur le feu, suivez de temps en temps cette page, selon mon temps et mon courage, j'avance les images!

Cette représentation de ce que les tarots dits de "Marseille" nomment La Maison Dieu, est particulièrement intéressante. Que voit-on : un berger, le cou tordu vers un énorme luminaire, et un arbre qui pousse au milieu d'un troupeau de chèvres et de moutons.
Tout le bla bla des zozotéristes sur la "Tour foudroyée" et de l'homme "face à son destin", n'a plus de sens.
Alors?
Chez les "Jacques", le peuple du roman, le troupeau de chèvres et de moutons parle des vies "dites" antérieures. Dans cette image, il s'agit de la conscience qui revoit à l'envers ses mémoires passées et pousse jusqu'à rejoindre la lumière, jusqu'à se fondre dans la lumière. En d'autres termes, il s'agit d'une expérience d'illumination. La gravure du Conpagnon Re-né est une autre représentation de cette expérience.
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Le soleil !
(dans le tarot de Marseille)
Représentation de l'âme illuminée qui entre dans son dynamisme lors de sa phase de rayonnement. La fille est nue. Rien ne la protège, elle se laisse voir sans cacher quoi que ce soit, telle qu'elle est. C'est le stade où vous acceptez de vous voir comme les autres vous voient.
Elle est en chevalière, oriflamme au vent, pour insister sur la force, la puissance de persuasion, et le dynamisme dont l'être fait preuve à ce stade. Elle "cavale", c'est à dire en langue des oiseaux, qu'elle est en phase active d'enseignement et qu'elle rayonne sur son environnement. Son activité est encore ancrée.
Ce sera seulement au stade de l'état représenté par Le Monde que son opérativité se fera, par elle, mais sans elle.
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