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restauration
Le
Fol
« Mat » bon, bien en breton
d’aujourd’hui, signifiait à l’origine
« chanceux, fortuné» en vieux breton.
Dos
de la carte
Sur un plan graphique, les
tarots du lyonnais Jean Dodal et de l'avignonnais Jean Payen,
sont étrangement semblables, au point de les confondre.
Ma conclusion est donc simple : c'est au même graveur
que nous devons ces deux tarots du début du dix-huitième
siècle.
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Il est nécessaire de toujours distinguer les graveurs des "cartiers"
proprement dits car ils ne sont la plus part du temps que des éditeurs
et des marchands d'images. Depuis 1701, il était interdit aux
éditeurs de graver eux-mêmes leurs moules pour des raisons
de contrôle fiscal.
Le graveur des tarots de Jean Dodal et Jean-Pierre Payen n'a pas le
même niveau de talent graphique, un coup de main aussi délié
que celui du Conver, ni la virile maîtrise du Noblet, ce qui
le caractérise, c'est qu'il est attachant. Avec lui, pas de
complications, le graveur du Dodal est simple, certainement bien immergé
dans un milieu populaire, direct. Il est peu intellectualisé,
peu sophistiqué. Chez
lui, nulle part d'arnaques, de graphismes à double sens, de
tricheries. Il avait certainement reçu son art en apprentissage
chez un maître de la profession, avec les histoires et les traditions
qui restaient en cette fin de XVII ème siècle. Le Dodal
date de 1701-1715 et le Payen est daté de 1713. Ce graveur
était encore instruit du sens intérieur du tarot. Il
a une fraîcheur, une naïveté, une candeur de trait
touchante, plaisante. Et en plus, il est savant et il signe de son
"chrisme" de maître.
.
Quelques détails signifiants n'appartiennent qu'à ce
tarot, d'autres sont partagés avec les tarots historiques.
Sa jeune femme de XVII LE TOILLE, est enceinte, la flamme de XVI LA
MAISON DIEV est ascendante, l'ange de VI L'AMOUREUX a les yeux bandés,
XIV TEMPERANCE a les seins nus, un des enfants de XVIIII LE SOLEIL
est aveugle, XII LE PANDU et ses étranges mains, ....
Cependant, nous sommes déjà au XVIII ème siècle,
et, même si XV Le Diable conserve traditionnellement son second
visage sur le ventre et ses yeux sur les genoux, déjà,
à l'arcane XIII La Mort n'est plus citée et Le Fol a
les fesses couvertes.
Ce second visage sur le ventre du Diable me fait penser à cet
apprentissage du "sens" de la pierre dans certaines fraternités
du compagnonnage. Si la pierre "attire" le ventre, elle est dans un
sens, si elle "repousse", elle est dans un autre sens. Pour construire
sacré, il faut tenir compte de ce sens. Ce second visage me
rappelle systématiquement cette méthode de "regarder"
la pierre. Quant aux yeux sur les genoux, c'est aux jésuites
qu'ils me font penser. En effet, chez eux, les genoux sont surnommés
: "la petite tête".
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