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"Histoires de la mémoire du monde"
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Avant propos

Sur le chemin intérieur, nous devons avoir le comportement d’un guerrier, la curiosité de l’aventurier, la fluidité de la courtisane, et l’humour en permanence. L’accès à la mémoire du monde est réellement à la portée de tout un chacun, elle est là, autour de nous, nichée dans l’instant, dans la suspension du temps, dans un éclair de béance. A nous donc de nous mettre et d’être en état de nous relier au monde qui nous entoure. Ce qui nous ouvre les « dossiers » de la mémoire du monde, c’est notre radar personnel, les centres d’intérêts sur les quels nous travaillons, notre passion.

La capacité de vision distanciée est partagée par la totalité des êtres humains, elle fait partie de la constitution même de l’être, comme la bouche ou les mains. Chez certains, elle n’a jamais disparue lors des grands chocs traumatiques de la prime enfance ou de l’âge tendre. Chez d’autres, elle est revenue suite à un travail intérieur plus ou moins long. Chez d’autres encore, elle a fait partie de l’éducation familiale et a été soignée comme une orchidée rare. Nous sommes tous inégaux devant cette capacité que pourtant tous nous partageons, plus ou moins. L’intuition est le premier pas au départ de cette aventure, la conscience accrue permanente en est la réalisation ultime. Entre les deux se trouve la situation d’apprentissage dans laquelle nous sommes « observateur/observant ». Avant d’entrer dans la mémoire du monde, c’est notre mémoire personnelle que nous devrons recontacter afin de la libérer des charges émotionnelles qui l’encombre. Pendant très longtemps, seul les réseaux professionnels du compagnonnage offraient cette possibilité. Depuis, nous avons assisté en Europe à la fin de la domination culturelle du catholicisme romain, et surtout, bon nombre de chercheurs de vérité, comme les nomme le soufisme, ont ramené de leurs voyages les us et coutumes des pratiques spirituelles de toutes les grandes et petites contrées du monde. Aujourd’hui pour les pratiquants courageux, l’illumination se trouve à tous les coins de rues. Dans une capitale comme Paris, toutes les techniques et pratiques sont disponibles : méditations du bouddhisme zen ou tibétain du vajra-yana, réveil de la mémoire cellulaire par la végétothérapie, la gestalt, le rebirth, le cri primal, l’hypnose, la sophrologie ou le caisson d’isolation sensorielle, chamanisme avec l’inipi ou les pratiques sibériennes, les danses de derviches tourneurs, la tenségrité de Castaneda, les plantes-médecine comme l’iboga africain, les cérémonies ayahuasca ou wachuma, les champignons hallucinogènes mexicains et même nos psilocybes occidentaux ainsi que de nombreuses autres pratiques opératives. Rester et se complaire dans l’envahissement émotionnel aujourd’hui est plus qu’une faute ou une ânerie, c’est un crime contre l’intelligence.

Ce qui distingue les êtres humains des animaux, c’est de pratiquer en même temps les qualités suivantes : courage, patience, générosité, humilité, obéissance, sens des responsabilités. De toute manière, pour vous embaucher, le moindre patron de PME vous demandera toutes ces qualités. Vous ferez donc votre C.V. en en parlant et en essayant de faire illusion. Alors pratiquez, et la capacité à la mémoire du monde s’ouvrira à vous, vous ne serez plus des animaux mais, au sens sioux lakota du terme, des « êtres humains ».

Les histoires de la mémoire du monde, ne sont pas l'Histoire que l’on enseigne à l’Université. Elles sont à l'Histoire ce que les discutions du café du commerce sont à la philosophie : un art de vivre. Elles s’adressent au plus profond de nous mêmes, à cette zone de notre inconscient où le personnel rejoint le collectif, où la petite histoire individuelle retrouve la mémoire de ses vies dites antérieures et se fond dans la grande Histoire. C’est leur grande force : elles nous relient et font sens. Avec elles arrive l’intime conviction que nous faisons partie d’une immense tradition dont nous sommes une fleur parmi les fleurs, un bourgeon nouveau.

«Pour savoir et comprendre où l’on va, nous devons savoir et comprendre d’où nous venons.» Gurdjieff


Sainte-Suzanne, 2004

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Histoires de la mémoire du monde

Longtemps après que les poètes-techniciens de l'âge d'argent eurent disparu, leurs prouesses hantent encore nos rêves. Le printemps perpétuel, le grand âge de Mathusalem, la jeunesse pratiquement sans fin, l'antigravitation, l’aviation d’avant l’aviation, le départ dans les étoiles, les baguettes magiques, les pierres molles, et toutes ces multiples bizarreries qu'au détour d'une légende nous conservons dans un coin du cœur, dans ce qui nous reste de notre part d’enfance.

Mais, d'abord, pour resituer la question dans toute son ampleur, l'âge d'or, d'argent, de bronze, de fer, qu'est que cela veut dire? Quelle est la référence? Que sait-on sur la question ?

Les "rishis" de l'Inde*, ces vieux sages-voyants shivaïtes de l’aube de l’humanité actuelle, ont à dire que nous ne sommes pas la première humanité à avoir foulé de nos pieds notre belle planète bleue. Pour eux, nous sommes la septième humanité. L’humanité précédente était celle dite de «Neanderta». La nôtre celle dite de «Cromagnon». Cela fait déjà sept fois que le cycle d'or, d'argent, de bronze et de fer s'est développé et six fois qu'il s'est terminé dans une catastrophe. Notre humanité commence selon eux en 57 538 BC.

Aujourd'hui, nous avons encore des survivants de l'âge d'or de notre septième humanité. Certains ont été merveilleusement décrits par Marlo Morgan dans son livre : "Message des hommes vrais au monde mutant". Ceux qu'elle raconte sont une petite tribu d'aborigènes d'Australie. Ce qui les caractérisent, est le fait d'être reliés en permanence avec le monde qui les entourent. Ils n’interprètent jamais, ils captent tout et sont silencieux, la télépathie leur suffit. Ils attendent simplement et vivent dans le monde du rêve. Ils sont errants, pratiquement nus, ne construisent rien, ils n'ont pas la peur du lendemain, même sans eau sous le feu du désert australien. Ils font confiance. Ils sont une fleur parmi les fleurs. C'est un âge d'accomplissement et de sagesse.

Cet âge d'or où tous les êtres vivants, animaux, hommes, végétaux, insectes, pierres étaient en symbiose, étaient reliés, durait selon les vieux sages de l'Inde, 24 194 ans avec une aube et un crépuscule. Les chiffres annoncés, sont théoriques et issus de leurs calculs mathématiques.

Pour l'âge d'or, l'aube est de 2016 ans puis vient le cycle d'or de 20162 ans, puis le crépuscule de 2016 ans. Le total est donc de 24 194 ans. Nous sommes en 33 344 BC.

Puis, doucement pendant l'aube de l'âge d'argent, la conscience globale de l'humanité glissait vers la nécessité d'un monde ou la sédentarisation et l'urbanisation commençait; les animaux, les végétaux, les insectes et les pierres voisinent avec les hommes ; ils ne sont plus reliés directement, mais cousins. Des cérémonies et des rituels comme la hutte de sudation ou la quête de vision permettent à la conscience de « rattraper » le retard.

Les sioux lakota des grandes plaines américaines ont à dire que leur culture vient de l'aube de cet âge. L'aube est de 1512 ans, le cycle est de 15121 ans, le crépuscule de 1512 ans pour un total de 18 145 ans. Nous sommes en 15 199 BC.

Arrive alors le troisième âge, celui du bronze, l'âge du doute avec la naissance des religions et philosophies contestataires. L'homme perd la liaison avec la réalité divine du monde et s'éloigne de la nature. Il invente la religion. Les animaux, les végétaux, les insectes, les pierres et les hommes deviennent des étrangers les uns pour les autres. C'est le développement séparé des espèces. L'aube et le crépuscule sont de 1008 ans, le cycle de 10081 ans pour un total de 12 097 ans.

Puis, l'âge de fer, l'âge des conflits, l'âge sombre, le nôtre s'installe avec aube et crépuscule de 504 ans, cycle de 5040 ans, et un total de 6048 ans. Il se termine par une destruction presque totale de l'humanité. Les animaux, les végétaux, les insectes, les pierres deviennent des choses. Les êtres humains sont des numéros de cartes d’identités dans des listes.

D'après Daniélou, selon le calendrier traditionnel indien toujours en usage, l'âge de fer débute en 3102 av J.C.

Le grand poète grec Hésiode, plaçait en aube de l’âge de fer, une phase de début qu’il nommait l'âge des Héros.

"Le crépuscule de l'âge de fer aurait donc commencé en 1939 de notre ère, au mois de mai. La catastrophe finale aura lieu durant ce crépuscule. Les derniers vestiges de l'humanité actuelle auront disparu en 2442 AD".

Ces chiffres sont mathématiques et théoriques, bien sûr. Ces précisions mathématiques pour parler du flou et de l’approximatif de la légende et de la vision sont surréalistes et m’enchantent.

Et on reparle du déluge, du grand déluge, parce que c’est là que se place la naissance de notre cycle culturel actuel. Le précédent, celui que nous pourrions nommer « le cycle de la première Atlantide » ne nous a laissé que des traces, contestées et difficilement compréhensibles depuis notre paradigme contemporain.

Tout travail un peu documenté sur la mémoire des origines de notre civilisation occidentale, et, même si je nomme « histoires » ce que je vais vous raconter, un peu de savoir ne fait pas de mal. Je me dois donc de rappeler les vieux textes de Platon. Bien sûr, les textes du Timée et les quelques phrases du Critias sur l'Atlantide. Les autres textes grecs sont d’Homère, la guerre de Troie ressemble beaucoup à une guerre contre la seconde Atlantide, mais c’est une autre histoire, Hérodote au V° siècle avant JC, Thycyde (460-400 bc), ou romains, Diodore de Sicile au 1° siècle après JC, Tertullien (180-240 bc), Marcelinus (330-365 bc), Proclus (410-485 bc). Ils ne font en général que citer en trois lignes l’existence de l’île de Posseïdon dans l’Atlantique.

Platon commence son Timée en racontant une histoire d’un désastre datant de 9000 ans avant lui...

Ces textes sont disponibles sur le web, je ne vous embêterais donc pas avec.

Mille sabords !


Ici s'arréte le texte que, pour le moment, je mets à la disposition des internautes. Depuis, je l'ai retravaillé, j'avance, mais pfuff! Quel boulôt! août 2008.

* Cf: Alain Daniélou, la fantaisie des dieux et l'aventure humaine, éditions du Rocher



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