L'ermite


Arcane VIIII

l'ermite

Jean Dodal
Lyon c.1701

Trancher, oui, mais où va-t-on ? C'est la question que se pose l'Ermite.

L'être est maintenant conscient de sa recherche. Une recherche tout azimuts. Il papillonne. Il essaie tout ce qui lui tombe sous la main : yoga, philosophie, livres ésotériques, voire sectes! Le mal d'être, issu de la fusion impossible de l'Amoureux, pousse à la réunification. L'être cherche tous les moyens d'y parvenir. A tâtons.

Regardez l'Ermite : il tient une lanterne sourde, qui n'éclaire qu'à quelques pas devant lui. Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez. A sa main, manque le petit doigt, celui qu'on appelle l'auriculaire, le doigt de l'oreille. Dans notre tradition populaire, se boucher les oreilles avec les petits doigts permet d'entrer dans son monde intérieur. L'Ermite ne peut pas le faire; sa quête reste donc superficielle.

Il cherche des solutions à l'extérieur de lui, pas à l'intérieur.

Pourquoi semble-t-il si vieux, si las ? Parce que l'être, à ce stade, est enfermé dans une structure psychique vieillissante, à bout de souffle. Toutes les parties hachurées de l'image montrent à quel point l'énergie circule mal. Cette structure psychique a engrangé d'énormes quantités de savoir superficiel. L'inconscient est plein à déborder. C'est le manteau bleu qui voûte le dos de l'Ermite et qui semble si lourd à porter.

L'apprentissage se termine, l'être arrive à la fin d'un cycle. Voilà pourquoi l'Ermite est tourné vers la gauche de l'image, c'est à dire vers le passé.




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